Comité Paris 9/10

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mercredi 12 mars 2008

Communiqé alternatif

Bon... C'est presque notre communiqué. presque seulement :

Non, merci



Alors qu’elle avait presque enlevé le mairie du 10e, la Gauche Alternative renonce à la démocratie de délégation !


Alors que la liste de la Gauche Alternative avait frôlé l’élection dès le premier tour (à 47,9% des voix prés), la liste a décidé de ne pas se maintenir au second tour. 
Nous comprenons la stupéfaction, voire le désespoir, qui risque d’envahir nos électeurs. Pourtant non, nous n’irons pas prendre possession de la mairie dimanche prochain.

Pourquoi cela ?

Bien sûr, il y a l’absence de motivation : quel relief méprisable prendrait une victoire quand l’élection s’avère gagnée d’avance ? L’esprit sportif, notre soif permanente de nouveaux défis s’en contenterait difficilement.

Mais aussi un constat : la première partie de cette campagne a permis d’aborder tous les enjeux politiques :
Au lieu de s’enliser dans des débats stériles (Pourquoi ne pas augmenter les impôts locaux ? Quel projet de ville pour nos enfant est possible si Paris devient tous les jours plus attractive pour les plus riches et repousse les plus pauvres ? Quels déploiements de transports en commun pour solutionner le problème des déplacements en Ile de France ? Que peuvent les politiques dans une société qui exclu le plus grand nombre ?  Comment créer une vraie démocratie sur Paris ? etc) on a pu poser les vrais débats : Delannoé est-il ringard ou autoritaire ? Est-ce que l’orange c’est mieux que le Vert ? Que porte L.Asmany sous son imper ? Bonbons du Modem ou boules Quies des Verts ?

Quel saut qualitatif pour la démocratie !
Ya pas à redire, les électeurs ont pu choisir en conscience.

Le PS se trompe quand, dans le 10e, il accuse Gaspard Delannoé d’avoir capté des voix destinées aux socialistes en jouant sur son homonimie : c’est le PS et l’UMP, en présentant une parodie de démocratie, qui ont chassé l’électorat sur le terrain de la bouffonnerie où Gaspard se croyait seul.
Une seule réserve au tableau : la Gauche Alternative, si présente dans tous les médias, n’a-t-elle pas lassée par son omniprésence?

Communiqué au soir du premier tour

Battre la Droite et ses idées, dans les urnes et au quotidien

(pour une politique vraiment à gauche)

Durant cette campagne électorale, les candidat-e-s de la Gauche Alternative ont défendu :

-    la mise en place d’une véritable politique du logement, visant à enrayer les effets catastrophiques de la spéculation : application de la loi de réquisition, lutte contre les expulsions, encouragement de la mixité sociale par le développement de logements vraiment sociaux, réforme et transparence des attributions de logements sociaux

-    l’instauration d’un fonctionnement démocratique qui mette les habitants au centre de l’appareil de décision et en finisse avec les élus-notables qui tournent le dos aux électeurs dès le lendemain de leur élection ; pour cela, il est urgent de donner un vrai pouvoir décisionnaire aux conseils de quartier, de recourir aux référendums locaux d’initiative populaire, que chaque élu-e s’engage à être disponible (permanence hebdomadaire) et à rendre périodiquement des comptes, que tous les espaces décisionnels de la ville soient transparents et démocratiques

-    la création de lieux de solidarité, pour accueillir, aider et orienter les exilés, les sans-abri, les précaires, les victimes de violence et, ce, dans des conditions dignes et respectueuses

-    la prise de mesures radicales pour répondre à l’urgence écologique : développement des transports en commun, politique volontariste en faveur des filières d’alimentation biologique et équitable, accessibilité des jardins publics, encouragement au logement énergétiquement responsable, etc.

-    la redéfinition d’espaces culturels libres et indépendants : soutien apporté à des lieux alternatifs, ouverture d’espaces de création multidisciplinaire ouverts à tou-te-s et gratuits, restitution des espaces culturels confisqués aux habitants.

Cela constitue le minimum de ce que les habitants sont en droit d’attendre d’une municipalité de gauche.

Le caractère désastreux et scandaleux de la politique menée au niveau national justifie pleinement l’objectif de battre la droite lors du scrutin de dimanche prochain, mais cet objectif ne saurait se suffire à lui-même : encore faut-il que les futur-e-s élu-e-s appliquent bel et bien une politique de gauche !

Il est d’usage que les forces politiques de gauche éliminées au premier tour appellent à voter pour le candidat de gauche encore présent au second, c’est-à-dire pour le PS. Il en va (souvent) de même pour les électeurs de gauche : quelles que soient les réserves et les critiques, la gauche et la droite, ce n’est pas la même chose. Depuis des décennies le PS s’appuie sur ce « réflexe démocratique ». La question mérite pourtant d’être posée : faut-il appeler à voter et voter PS ?

C’est vrai, la Gauche et la Droite, ce n’est pas la même chose, mais nos doutes  et nos réserves sur la présence lors du 2e tour d’une liste susceptible de répondre à nos attentes d’une politique nouvelle et franchement à gauche sont tels que nous ne pouvons qu’inviter les électeurs à  choisir le vote qui leur semblera le moins éloigné de nos propositions.

Mais la politique ne s’arrête pas au soir des élections ! Quelle que soit la physionomie de la future équipe municipale, nous continuerons, avec d’autres, à soutenir, à combattre et à proposer.

La politique est l’affaire de tou-te-s.  Elle ne doit pas être confisquée pendant six ans par les Elus, quelles que soient leurs étiquettes . Continuons ensemble à la faire vivre dans le 10e après le 9 mars.

mercredi 5 mars 2008

nous zautres

Nos candidats :

1. Mathieu Cologan

        Militant alternatif et dessinateur



2. Sabine Lasnier

        Militante contre la précarité,

        conseillère d’arrondissement


3. Fabrice Robert

        Enseignant-chercheur


4. Isabelle Merian

        Responsable d’association

        dans le domaine du handicap


5. Farid Moussouni

        Cafetier


6. Michelle Pradel

        Editrice retraitée


7. Alexis Brot

        Artiste Rmiste


8. Nathalie Ovion

        Militante écologiste


9. .Serge Seninsky

        Militant altermondialiste



10. .Marie-Françoise Pirot

        Militante alternative


11. .Jean-Elie Strappini

        Syndicaliste du secteur de la Culture


12. Lucia Sagradini

        Chercheuse


13. William Elie

        Boulanger bio et responsable associatif


14. Colette Le Roux

        Directrice d’une Résidence 

        de Personnes Agées


15. Arnaud Gauthey

        Militant alternatif


16. Marie Bouchez

        Enseignante


17. Claude Ballanger

        Consultant en communication


18. Marie Davée

        Militante altermondialiste


lundi 25 février 2008

Notre projet

Contributions pour

un projet Gauche Alternative

pour un Paris solidaire, écologiste, féministe,

altermondialiste, autogestionnaire et antiraciste


Ces textes sont tirés du travail de rédaction commune d’un groupe de travail composé de militant-e-s du comité Gauche Alternative 9-10, du CUAL 20ème (collectif unitaire pour une alternative au Libéralisme) et des Alternatifs Paris en vue de la campagne des Municipales. Ils dessinent les grandes lignes d’un projet alternatif pour la capitale et sont donc des contributions à la campagne 2008 des listes GAUCHE ALTERNATIVE à Paris.

Signés par leurs rédactrices et rédacteurs, ils portent sur  l’urgence sociale, le logement, l’écologie, transports,l’économie sociale et solidaire et les transports .

Une élaboration est en cours sur : Culture ; politiques de Prévention ; démocratie active

Ces éléments de réflexion et de propositions restent ouverts à vos observations, critiques, contributions et propositions.
Ils seront le fil conducteur de nos actions tout au long de la prochaine mandature...

Une URGENCE SOCIALE sur tous les fronts pour combattre la misère, le chômage,  le mal-logement et la précarité


PRECARITE... un mot qui désigne pour des millions d’entre-nous l’absence dans sa vie d’une ou plusieurs des sécurités qui permettent d’en jouir pleinement et de se projeter dans l’avenir. Mot marqueur qui accolé à tel ou tel autre signifie aussi bien une fragilisation des conditions de travail, des garanties salariales et un recul des droits acquis qu’un état d’être ou un mode d’identification au monde : « je suis précaire » ou « c’est un grand précaire ». A ce marqueur qui se décline en Logement, Santé, Emploi, Statut, on oppose volontiers « Solidarité », ce baume miracle qui apaise les consciences, pallie la perte d’autonomie et ferait presque oublier que précarisation et précariat sont les pendants d’un système économique fondé sur l’affrontement et la mise en concurrence (de tout et de tous) dont les acteurs dominants se sont employés à pallier les manques et pratiques inégalitaires par une généralisation de la catégorisation et du tri sélectif appliquée aux personnes.

Quelles méthodes de lutte contre la précarité ?

Lutter contre la précarisation de notre société, c’est opposer l’entraide, la mutualisation des ressources et des compétences au caritatif et aux bonnes consciences associatives ; c’est favoriser partout où c’est possible l’autonomie des personnes ; c’est créer des plateformes de solidarité et d’échange entre ceux qui ont un travail et ceux qui n’en ont pas, ceux qui sont de ce pays, de cette ville et ceux qui viennent d’au-delà les océans ou de terres inhospitalières ; c’est opposer à l’isolement la convergence des projets et des luttes ; c’est développer enfin des alternatives – qu’elles soient à la seule échelle des quartiers et du département – aux logiques économiques et sociales qui nous proposent comme seul avenir une quête éperdue de croissance en abandonnant, en chemin, un nombre toujours plus important de personnes et en détruisant notre « maison commune », la planète.
 
A Paris, injustices sociales, misère dans les quartiers, des  inégalités de revenus de plus en plus marquées...Les foyers les plus aisés affichent un revenu 11 fois plus élevé que celui des ménages modestes ; 40% des Parisien-nes ont un  revenu mensuel inférieur à 1390 € ; 259 700 personnes vivent sous le seuil des « bas revenus » : 845 € par mois ;  40% des 100 000 demandeurs d’emploi ne perçoivent aucune indemnité ; plus de 100 000 personnes survivent grâce aux minima sociaux ; 16% des moins de 20 ans – interdits de RMI – survivent dans une précarité économique extrême.
Des milliers de salarié-es en CDD, en intérim, à temps partiel, en vacations horaires, en contrats aidés sont au travail dans les établissements scolaires, dans les associations, les entreprises et même les services de la collectivité territoriale parisienne en échange d’un salaire qui ne leur permet pas de vivre dignement, ils ne bénéficient d’aucune formation qualifiante et de peu d’embauche en fin de  contrats. De nombreux étudiants peinent à se loger et chaque mois de nouvelles familles qui ne peuvent plus faire face à l’augmentation des prix (à la consommation) et à la hausse constante des charges incompressibles (EDF/GDF/eau/loyers + 9% sur un an), entrent, elles-aussi, dans les difficultés.

Pour lutter efficacement contre une précarisation (emploi, statut, santé, logement) qui n’épargne même plus les classes moyennes, on ne pourra pas se contenter  - comme au cours de cette dernière mandature - d’augmenter le budget consacré à la SOLIDARITE à la seule hauteur des dépenses correspondantes aux transferts des compétences de l’Etat aux départements (Revenu minimum d’insertion RMI - Aide Personnalisée à l’Autonomie (APA) - Prestation de Compensation du Handicap PCH). Paris doit impérativement inverser ses priorités, rompre avec des choix éloignés des urgences et besoins de sa population (30 % de logements PLS) se détourner des investissements budgétivores (achats d’immeubles occupés) accepter d’abandonner ses projets mirifiques (tours entre autres !) pour apporter enfin des réponses immédiates et à la mesure des difficultés quotidiennes de centaines de milliers de Parisien-nes touchés par le chômage de masse, fragilisés par la précarisation de l’emploi et pénalisés par la hausse des loyers et la spéculation immobilière. Pour aller dans ce sens, nous préconisons une redéfinition des priorités budgétaires et une réorientation profonde de la politique sociale selon trois axes : Egalité et Solidarité dans la cité, Santé, Logement.

EGALITE dans la cité

Au regard des textes, nous sommes tous égaux et chacun-e peut, à tous moment, se référer à ce principe fondateur de nos institutions. Mais dans les faits l’EGALITE, enracinée au cœur des hommes et des luttes, est plus souvent bafouée qu’appliquée et demeure pour beaucoup une aspiration à défendre pied à pied,  un but vers lequel tendre...C’est pourquoi nous plaçons au cœur de nos priorités l’idée d’un Paris qui inscrit l’EGALITE  au centre de son action et qui initiant une véritable révolution de ses pratiques et modes de fonctionnement, choisit de réserver à tous ses habitants, résidents et visiteurs qu’ils soient en transit ou en villégiature, habitants des « beaux quartiers » ou des quartiers populaires le même traitement et le même accueil dans ses mairies, ses services et les structures qui lui sont attachées ou agissent sur sa délégation.

Egalité partout, pour tous et toutes !

Qui n’a pas  remarqué que  nos représentant-es « élu-es » si présent-es en période électorale se font beaucoup plus rares dès que leur mandat est assuré ? Parfois, il devient même quasi impossible de les rencontrer sauf à passer par le filtre des cabinets et chargé-es de missions quant ceux-ci n’assument pas au quotidien une tacite et confortable « délégation de fonction » et accueillent les administré-es en place de...Afin de rompre avec cette préjudiciable confusion des responsabilités et renouer avec proximité et rigueur dans l’exercice de la fonction élective : plus de rendez-vous sélectif avec le « cabinet du maire » ; plus de rendez-vous palliatif avec un-e chargé-e de mission ; plus de « rencontre exceptionnelle » discrètement organisée pour personne « chaudement recommandée » mais dans toutes les mairies  des membres de l’exécutif (en particulier ceux et celles qui sont salarié-es par la collectivité territoriale)  présent-es et accessibles ayant à cœur d’assurer chacun-e :

•1 journée de permanence hebdomadaire, ouverte à tous et toutes - sans distinction de statut et sans pré-sélection qualitative - dont les horaires sont affichés et bien visibles dans les halls des mairies d’arrondissement et de la mairie de Paris avec publication sur les sites internet (ville et arrondissement) et dans les publications papier de la Ville et des arrondissements

•1 permanence « Urgence Sociale et Précarité » - assurée à tour de rôle par tous les élu-es en charge de l’exécutif (horaires d’ouverture des mairies et par téléphone en soirée) - qui aura pour objectif de répondre aux situations d’urgence, vécues par les sans-abris, les personnes expulsées de leurs logements, les familles exposées à des coupures de fluides (EDF, eau), harcelées par leurs logeurs et par des huissiers, qui nécessitent des solutions matérielles et financières immédiates. Principe directeur : aucune personne à la rue, sans ressources, sans nourriture, sans fluides et sans solution palliative.

Qui n’a pas constaté qu’aujourd’hui le Vivre Ensemble dans la capitale ne rime pas avec le Mieux Vivre pour tous et toutes ? Paris, qui sait mieux qu’aucune autre déléguer ses responsabilités aux bonnes volontés associatives et revendiquer le partage des compétences pour justifier ses faiblesses, a développé à force d’empilements de dispositifs et de compétences croisées des formes très abouties et très subtiles de maltraitance et de violence institutionnelle (le plus souvent exercée sans intention, on l’espère) dont la conjugaison et la réactivation à chaque contact avec l’institution contribuent à « casser » toujours plus, à fixer les situations et à éloigner de toute perspective de « reconstruction » et de « réinsertion » les personnes qui y sont exposées.

Parce que nous défendons un Paris EGALITAIRE, solidaire, bienveillant et réellement accessible à tous et toutes nous ne voulons plus d’accueil différencié entre VIP et « personnes ordinaires » ; plus de réponses expéditives du type « on vous recontactera » ; plus de petites phrases assassines, de jugement « autorisé » et dévalorisant qui réactive souffrances et humiliations ; plus de dossier non anonymisé ; plus de demandes de pièces déjà remises antérieurement ;  plus de transfert de courrier ou de mail porteur d’appréciations qualitatives sur les personnes ; plus de rituel consistant à mettre les « usagers » en situation de réexposer leur situation à chaque entretien ; plus de renvoi vers une autre structure sans avoir vérifié que l’état physique de la personne ou ses ressources lui permettent de se déplacer, MAIS dans chaque service et structure, une mobilisation des agents et cadres en vue de produire ensemble  une qualité d’accueil et un suivi des dossiers plus respectueux des droits et de l’individu et pour passer de l’aspiration à la mise en pratique :

• Elaboration - sur la base du volontariat - puis application d’une « Charte de l’excellence sociale » ;
• Mise en place d’une « Veille fonctionnement » menée à l’échelle du Département par les personnels - à tour de rôle et sur la base du volontariat – qui aura pour objectif d’identifier les mécanismes de maltraitance et de violence institutionnelle (humiliation, culpabilisation, infantilisation, suspicion, exclusion, répression, punition, harcèlement) exercés à l’égard des personnels eux-mêmes et des usagers.

• Recomposition et réorganisation des commissions d’attributions (aides matérielles,  exceptionnelles, etc.) du Centre d’action sociale de la ville de Paris (CASVP)  afin  de suppléer à ces « entre-soi » - actuellement constituées d’élu-es, de « volontaires » (retraité-es de l’administration, notables, associatifs sélectionné-es pas les élu-es et le maire d’arrondissement) et de personnalités « proches » -  où se distillent appréciations qualitatives, jugements et évaluations « autorisées » sur les familles par des commissions formées (en vue d’assumer cette responsabilité à l’égard des demandeurs), rajeunies, représentatives de la diversité des quartiers, ouvertes à des professionnels de la santé, des représentants des collectifs et associations de chômeurs, sans papiers, mal logés et des personnes dites « actives » issues de la société civile.

• Mise en œuvre d’un programme de formation qualifiante des personnels en charge de l’accueil des administré-es notamment de ceux et celles qui sont au Logement et/ou attaché-es aux membres de l’exécutif en charge des délégations du Logement et des Affaires sociales.
SOLIDARITE : un Paris pour l’avenir

Là où il faudrait en toute première priorité reconnaître l’égalité, 
là où il faudrait réaffirmer le droit à un accueil immédiat et inconditionnel,
là où il faudrait mettre fin à l’errance et donner un toit,
là où il faudrait en finir avec les « soupes populaires » vite avalées debout,
là où il faudrait des lieux couverts, chauffés et confortables où se reposer et prendre de vrais repas assis,
là où il faudrait un dispositif départemental de Survie-Urgence opérationnel 24 sur 24 h et conçu pour répondre aux besoins immédiats des sans logis, des demandeurs d’asile et de tous ceux et celles qui se retrouvent du jour au lendemain dans le nomadisme d’un squat à l’autre et dans l’errance,
On accueille pour quelques heures de sommeil, mais on sépare les couples, on refuse les compagnons à quatre pattes et au petit matin on jette à la rue et, tout au long du jour on chasse et traque loin des zones de passages (gares) des quartiers résidentiels, des rares ilots de verdure et même des coins les plus reculés des arrondissements ceux et celles qui dérangent, inquiètent ou choquent...
Qui ignore encore que ces pratiques ignominieuses se font au nom de la « préservation de l’ordre public » et de son propre et légitime droit à la « sécurité individuelle » ?

Pour mettre fin à une situation et à des pratiques qui font honte à Paris et à ce pays, pour pallier l’absence de structures adaptées et pour accueillir dignement et de manière pérenne les sans abris, nous préconisons :

• la création dans chaque arrondissement de la capitale de « MAISONS DEPARTEMENTALES URGENCE ET  SOLIDARITE » (au moins 3 pour 100 000 habitants) – placées sous la responsabilité directe du Conseil Général et du Maire de Paris – offrant en des lieux couverts, clos, chauffés, accueillants, confortables, équipés en douches, espaces soins, moyens de communication internet et téléphonique, en espaces presse, bibliothèques et salles de musique, un accueil global couvrant les besoins immédiats, soit :
informations générales et aides aux démarches, traductions et interprètes, délivrance d’adresses administratives, consigne des effets personnels, premiers soins ; et également : petite restauration tout au long de la journée (boissons chaudes, « en-cas énergétiques », etc.), distribution de repas chauds (diététiques) servis assis 2 fois par jour, garde pendant l’accomplissement des démarches et les repas des compagnons à quatre pattes (accueillis en mini-chenil et chatterie) - Horaires d’ouverture : 24h/24 avec relais vers les accueils de nuit par bus ;

• la réquisition des immeubles laissés vacants (bureaux et habitations) et en priorité,  la mise en place des conditions nécessaires à l’application de la loi de réquisition qui sont de la responsabilité du Maire de Paris,  soit :
demander au Préfet de Paris de procéder aux réquisitions nécessaires, ouvrir en mairie le bureau correspondant, nommer les deux agents (assermentés) habilités à recevoir les demandes de réquisitions ;   la mise à  disposition des immeubles ou locaux, propriétés de la Ville de Paris ; la conclusion d’accords et de partenariats avec la SNCF et des opérateurs privés des en vue de requalifier des immeubles de bureaux inoccupés en places d’hébergement supplémentaires et logements - 3000 places réparties en chambres individuelles, studios habitation et logements T2, T3, T4 -  pour les familles, les couples, les jeunes mineurs et les propriétaires d’animaux de compagnie ; 
•la mise en place d’un « minimum d’existence » pour toutes les personnes  (dont les moins de 25 ans) qui sont aujourd’hui exclues des prestations sociales.

Qui n’a pas remarqué que les personnes en fauteuil et les mal voyants cheminent de plus en plus difficilement sur nos trottoirs et que plus généralement les handicapé-es ne sont pas les bienvenu-es en ville ?  Pour leur ouvrir les lieux publics et les réseaux de transport et poursuivre la mise en accessibilité déjà engagée, nous préconisons :

•la mise en accessibilité des stations de métro et gares (SNCF, RER), des couloirs et rames du métro parisien et du RER ;

•la suppression des potelets disposés en travers des trottoirs (porches d’immeubles, etc.) afin de ne plus contraindre les mal voyants à slalomer d’un écueil à l’autre ou à raser les murs...

•l’équipement (boucles magnétiques) des salles de spectacles parisiennes, des salles des fêtes et réunions publiques des mairies et édifices publics afin de permettre aux mal-entendant-es appareillé-es une audition confortable et de qualité.

Qui sait, en dehors des intéressé-es que les personnes âgées et les handicapé-es peuvent être interdit-es de circuler dans Paris ? Pour mettre fin à une mesure répressive et discriminatoire qui ne fait pas honneur à la collectivité, nous préconisons :

•Le remplacement des cartes « Améthyste » et « Emeraude », en cas de perte ou de vol avant la date de renouvellement ;

•La recherche d’un accord partenarial avec les sociétés de Transport (RATP – SNCF) afin que les bénéficiaires des cartes « Améthyste » et « Emeraude » puissent bénéficier de pass-transport magnétiques et rechargeables (en cas de perte en cours d’année) sur bornes.

SANTE  à Paris, se soigner et être « bien soigné »,
une gageure pour beaucoup !

Augmentation du forfait journalier d’hospitalisation ; forfait de 1 euro pour toutes les consultations ; suppression de la prise en charge à 100 % de certains soins, déremboursement de centaines de médicaments ; restructurations et privatisation du secteur hospitalier (Plan Hôpital 2007) ; disparition des établissements de proximité ; aide médicale gratuite (AMG) réduite...Les conséquences, en termes de santé publique, de la dégradation continue de la protection sociale associée au développement de la précarité sont de plus en plus sensibles d’autant que les dispositifs crées pour garantir l’accès aux soins (Couverture Médicale Universelle de base – CMU ; CMU complémentaire ;  Aide Médicale d’Etat – AME) qui permettent à 199 605 parisiens de bénéficier d’une couverture médicale en excluent un nombre à peu près égal. En cause, des plafonds de ressources mensuelles inférieurs au seuil des « bas revenus » (ex. CM, 562 €) et des critères d’accès restreints qui écartent de certains soins ou privent de toute prise en charge des personnes qui ont des revenus modestes (retraités au minimum vieillesse, handicapé-es, jeunes, chômeurs, etc.). Pour pallier les faiblesses de ces dispositifs et rétablir l’égalité des droits au regard de la santé, nous préconisons :

•Une « Carte Paris Santé bis » ouvrant une couverture santé immédiate et inconditionnelle à toutes les catégories exclues des dispositifs existants : allocataires du minimum vieillesse ; handicapés ; travailleurs pauvres ; jeunes de – de 25 ans ; demandeurs d’asile ; sans papiers ; ressortissants des états membres de la communauté européenne et des Etats de l’EEE ; titulaires d’une carte de séjour de 1 an ;

•Une  « Complémentaire Paris Santé » destinée à  compléter et renforcer la couverture de la CMU et de l’AME pour la prise en prise en charge de soins,  interventions, appareillages dentaires et audio qui n’entrent pas dans le cadre des dispositifs existants ;

•Un  « Audit des dispositifs et structures santé » sur le territoire de la capitale et dans chaque arrondissement dans l’objectif d’atteindre une meilleure coordination de leurs actions respectives et d’en simplifier les conditions d’accès (en particulier pour les demandeurs d’asile,  les sans logis et les jeunes de – de 25 ans sans carte et papiers d’identité)

URGENCE ALIMENTAIRE  à Paris, une alimentation saine pour sa famille et soi-même, mission impossible !

Ils sont de plus en plus nombreux les Parisien-nes qui font l’impasse sur l’apport d’une alimentation diversifiée, riche en produits frais de qualité et à se contenter de produits de 2ème choix saturés en pesticides, de « coupe-faim », de conserves et plats industriels abusivement chargés en sel et sucre...Pour contrer cette insupportable inégalité qui a de nombreuses répercussions sur la santé des personnes et tend à devenir un véritable problème de santé publique (augmentation du nombre d’enfants en surcharge pondérale, réapparition du Scorbut) ; pour permettre à tous ceux et celles qui ont recours à l’aide alimentaire et/ou aux soupes populaires comme à toutes les personnes isolées, en couple ou en famille qui  du fait de leurs conditions de vie précaires (hébergement en hôtels, impossibilité de cuisiner) ou de la « cherté de la vie » ne peuvent accéder à l’alimentation de leur choix, nous préconisons :

• Multiplication par trois du budget consacré au soutien des associations en matière d’aide alimentaire (1,75 M en 2005) ;

•Création d’une Coopérative alimentaire BIO dotée d’antennes familiales dans les arrondissements (accessibles sur la base des quotients de ressources) ainsi que d’une structure de distribution de colis « produits frais »  étendue à toutes les soupes populaires et centres d’hébergement de la capitale ; 

•Mise en place d’une action dite de « Nutrition & Education alimentaire » dans les écoles, universités, conseils de quartier, etc. à laquelle seront associés professionnels de la santé, acteurs de l’industrie alimentaire et habitants

 LOGEMENT  à Paris,  de plus en plus, un toit est un droit !

Accéder à un logement décent et pouvoir s’y maintenir sont, aujourd’hui, les principales préoccupations des parisien-nes qui sont confronté-es depuis de  nombreuses années à la spéculation immobilière et à un marché locatif privé en constante augmentation (+ 9 % au cours de 2007). Quant au logement social, qui devrait ouvrir l’accès à un logement décent et accessible en termes de ressources à tous ceux et celles qui en ont besoin, le seuil critique de la pénurie est depuis longtemps dépassé et l’ampleur de la crise est telle que depuis 2001 le nombre de demandeurs de logements est resté  bloqué au dessus des 100 000. En ce début 2008, il avoisine les 110 000... Pourtant la majorité sortante annonce fièrement qu’elle a triplé la production en finançant 30 000 logements, mais son offre a été prioritairement ciblée (comme lors des précédentes mandatures) sur les segments supérieurs de la population... Pour les 71 % des demandeurs de logements sociaux qui disposent de ressources inférieures au plafond du Prêt locatif aidé insertion - PLA-I, (plafond de ressources annuelles : 10156 € par an pour 1 pers.) 20,65 % de la production financée, et pour les – de 5 % qui correspondent au Prêt locatif social – PLS (plafond de ressources annuelles : 24002 € par an pour 1 pers), 30, 57 % de la production...
Sachant que le PLA-I est la seule catégorie de logement qui soit réellement accessible aux « bas revenus », aux RMIstes et aux travailleurs pauvres (emplois aidés, intérim, vacataires et...) ; sachant que les structures d’hébergement destinées aux personnes en grande précarité « Maison Relais » sont également financés en PLA-I,
les conséquences sont immenses en termes de cristallisation des inégalités sociales et de « dégâts sur l’humain ». Ce déséquilibre récurrent de l’offre est également pour beaucoup à l’origine de la constitution de véritables ghettos dans les départements de l’agglomération parisienne où des bailleurs sociaux parisiens (OPAC – RIVP, etc.), ont acquis un patrimoine important, véritable soupape de sécurité qui permet certes de reloger, mais principalement hors les murs (700 000 ouvriers et employés travaillent à Paris, mais seulement 392 000 y résident).

Pour mettre fin à une politique discriminatoire, initier un rééquilibrage de l’offre et préserver la mixité des quartiers de la fuite des « bas revenus » vers des zones périphériques de plus en plus éloignées de la capitale, nous préconisons :

•le financement au cours de la prochaine mandature de 10 000 logements sociaux par an dont 7000 PLA-I (6000 logements familiaux et 1000 places en « Maisons relais ») répartis – sans exclusive - dans tous les arrondissements ;

•le conventionnement des logements dits à  « à loyers libres » (+ de 50 000) en  PLUS et PLA-I  et la requalification des logements (amortis depuis des décennies) ILN, PLI et... en PLA-I et PLUS ;

•la réduction du nombre de PLS - véritable logement intermédiaire  - au profit des PLA-I et PLUS (l’agglomération du Grand Lyon devançant les autres métropoles a choisi de ne plus compter le PLS parmi les logements sociaux) ;

•le relogement – à Paris – des personnes isolées qui occupent de grands logements dans des T1 ou T2 plus adaptés à leurs besoins et l’éviction des personnalités du monde politique et du spectacle de parc social.

•contre le fléau du « mal logement » : réquisition des immeubles appartenant à des institutionnels et des entreprises (laissés vacants à des fins spéculatives)  et, comme dit précédemment mise à disposition des moyens  - nécessaires à l’application de la loi de réquisition -  qui sont de la responsabilité du Maire de Paris,  soit :  ouverture en mairie du bureau correspondant et nomination des deux agents (assermentés) habilités à recevoir les demandes de réquisitions ;   la mise à  disposition des immeubles ou locaux, propriétés de la Ville de Paris ; afin de reloger de manière pérenne les milliers de familles et personnes isolé-es prioritaires selon les critères de la loi DALO (Droit au Logement Opposable).

•pour prévenir les expulsions : développer dans les OPAH, dans les immeubles relevant de la résorption de l’habitat insalubre, dans ceux qui sont l’objet de Ventes à la découpe (loi 48) et dans le parc social, un soutien juridique/accompagnement individualisé et favoriser une mobilisation rapide et réellement préventive (avant assignation du bailleur) du Fonds solidarité logement – FSL (gestion transférée au département depuis le 1er janvier 2005).

•pour minorer les charges locatives et réduire les émissions de gaz à effet de serre, économiser la ressource  et améliorer la qualité de vie dans le parc social de la Ville de Paris :
-engager une opération de « mise aux normes HQE » et plus particulièrement dans les immeubles en « tout électrique »  et équiper en compteurs d’eau individuels tous les immeubles et logements qui sont encore en collectif ;
-abandonner les plantations en fleurettes (et gazon français) qui nécessitent un renouvellement périodique et un entretien onéreux et les remplacer par des plantes vivaces et peu gourmandes en eau...
- végétaliser les toits en terrasse des immeubles sociaux et les équiper afin de les ouvrir aux familles et enfants (qui, selon les bailleurs, ne sont pas bienvenu-es dans les espaces communs et jardins...).

• Pour mieux garantir l’égalité de tous et toutes dans le traitement des dossiers de demandes de logement, repenser et réorganiser les « Commissions d’attribution » en garantissant la :
-    participation effective des élu-es  - maire et élu-es délégu-es - à toutes les commissions. En leur absence, elles devront être reportées, (aucune délégation aux chargé-es de missions et en cas de maladie, remplacement par un-e élu-e du même groupe).

- ouverture des commissions d’attribution de logements sociaux sur le parc réservataire du Maire de Paris et des vingt maires d’arrondissement à des parisiens (résidents depuis au moins une année dans la capitale) tirés au sort sur les listes électorales et parmi les usagers des CASVP (modalités et nombre de personnes à déterminer en proportion de la population de l’arrondissement ?)

- publication systématique à l’issue de chaque commission des attributions effectuées sur les panneaux d’affichage publics au sein et à l’extérieur des mairies ;


URGENCE EMPLOIS   à Paris,  des élu-es et une administration solidaire de ses salariée-es

Parce qu’il n’est pas supportable que la Ville de Paris fasse son miel de la précarisation de l’emploi salarié et fasse sienne la « flexsécurité » généralisée programmée par le gouvernement, nous préconisons une nouvelle politique de l’Emploi pour un  Paris réellement à gauche (+ de 40.000 salarié-es...) et tout de suite :

•La transformation de tous les « emplois aidés »  et de vacataires en emplois stables correctement rémunérés et assortis de formations réellement qualifiantes. En 2006, la Ville de Paris employaient en plus de plusieurs centaines de salarié-es hors statut ou vacataires,  650 personnes  en Contrat d’accompagnement dans l’emploi (CAE), 800 en Contrat d’avenir (CA) et quelques centaines d’autres en Contrat emploi solidarité (CES) qui en fait d’embauches pérennes à l’issu de leurs contrats ont fait l’objet d’une « mutation » pour deux à trois années supplémentaires dans l’un de ces deux contrats mal rémunérés (de 600 à 850 euros par mois selon le nombre d’heures effectuées) sans programme de formation réellement qualifiante et sans grande perspective d’embauches à l’arrivée, mais dont le coût est quasi nul pour l’employeur...L’exercice 2007 a confirmé cette tendance avec des prévisions à  hauteur de 2000 CA et 800 CAE. Combien en 2008, combien au cours de la prochaine mandature ?

Quelques précisions utiles sur le CA et le CAE : L’un et l’autre sont des CDD de 6, 24 mois ou 36 mois,  au maximum pour le CAE. Ils sont, sauf « clauses contractuelles plus favorables » rémunérés sur la base d’un SMIC horaire pour une durée hebdomadaire de 26 h pour le CA et de 20 à 35 h pour le CAE. Destinés à « favoriser la réinsertion » des bénéficiaires des minimas sociaux [revenu minimum d’insertion (RMI), allocation de solidarité spécifique (ASS), allocation de parent isolé (API), allocation aux adultes handicapés (AAH)],  ils  donnent lieu à exonérations des charges et à une aide forfaitaire de l’Etat, qui dans le cas du CAE «ne peut excéder 95 % du taux horaire brut du SMIC par heure travaillée dans la limite d’une durée hebdomadaire de 35 heures »
Les  employeurs susceptibles de bénéficier de cette main d’œuvre à bon marché  sont : les organismes à but non lucratif (associations loi 1901, organismes de Sécurité sociale, mutuelles, organismes de retraite complémentaire et de prévoyance, comité d’entreprise, fondations,  les ateliers et chantiers d’insertion  ; les collectivités territoriales et leurs groupements (syndicats intercommunaux) ; les personnes morales de droit privé chargées de la gestion d’un service public (régies de transport, établissements de soins...).

FINANCEMENT  et solidarité

L’équipe sortante se félicite de ne pas avoir augmenté les taux des quatre impôts locaux et annoncent qu’il en sera de même au cours de la prochaine mandature...Cependant les besoins sociaux sont immenses et les inégalités nombreuses dans la capitale, c’est pourquoi nous préconisons afin de permettre (pour partie) les financements des mesures énumérées, ci-dessus, la :

• Création d’une « Taxe solidarité »  progressive et modulable sur : les hauts revenus salariaux, (seuil : 100 000, 200 000 euros ? ) ;  les dirigeants et cadres d’entreprises parisien-nes détenteurs de stocks options ;  les propriétaires de résidences secondaires à Paris ; les propriétaires privés d’un patrimoine immobilier ; les entreprises publiques ou privées détentrices d’un patrimoine immobilier ; les entreprises et groupes spécialisés dans le commerce de « Luxe » ;  les hôtels cinq étoiles et palaces parisiens.

Sabine

URGENCE LOGEMENT

Logement, un constat amer. Et tout le monde s’accorde pour dénoncer une crise du logement profonde qui concerne désormais des couches de plus en plus importante de la population. La spéculation immobilière s’intensifie de plus en plus et pour pouvoir se loger de nombreux parisiens doivent s’éloigner de plus en plus de la capitale. A paris, le nombre des demandes de logements sociaux avoisine les 110 000.
Pour des milliers de familles et d’enfants ce sont des conditions de logements inhumaines, inconfortables, insalubres ou un contexte quotidien de sur occupation invivable. Pour des milliers de salariés c’est l’impossibilité de se loger près de leur travail, dans la ville, en raison de la hausse galopante des loyers, de l’implantation et de la construction sociale inégalitaire dans les arrondissements. Le droit à un logement accessible et confortable, dans un environnement agréable, dans le quartier de son choix, de fait, un rêve inaccessible pour la majorité des parisiens et des parisiennes...Il est clair que l’ampleur et la profondeur de la crise actuelle appellent la mise en œuvre, à haut niveau, d’un engagement national et solidaire, de choix politiques et financiers permettant la concrétisation d’un véritable droit au logement garanti et protégé pour chacun et chacune des citoyens de ce pays. Or, avec la politique ultra-libérale, c’est au contraire l’abandon de toute responsabilité nationale publique, l’emprise accélérée des critères marchands sur l’activité  du logement, avec comme cibles le logement social, les organismes publics, les circuits de collecte publique et leur contrôle.
A Paris, 15 % de logements sociaux. C’est insuffisant !

SOCIAL :  Un toit c’est un droit

Pour garantir ce droit fondamental, reconnu par la Constitution nous voulons mettre en œuvre :
•blocage des loyers pour stopper les logiques spéculatives à la hausse ;

•la municipalité doit prendre des arrêtés interdisant les expulsions sans relogement ;
•réquisitionner tous les bâtiments vides et les réhabiliter avec des chantiers écoles ;
•produire 10 000 logements sociaux pour les revenus modestes pour arriver à 30 % en 2014 (en PLUS ou PLA-I) (actuellement 15 % de logements sociaux) Question des tours ?
•réaliser des structures d’hébergement à taille humaine pour les sans abri avec un accompagnement personnalisé pour l’insertion au rythme de chacun ;
•réaliser des structures d’hébergement pour les exilés avec des points d’accueil et d’information sur leur droit ;
•éradiquer l’insalubrité et le logement indigne en prévoyant un relogement immédiat pour les habitants aux mêmes conditions que le logement social ;
•faciliter le relogement pour les personnes en instance de regroupement familial ;
•développer le logement des jeunes  (Foyers des jeunes travailleurs, logement étudiant, aide à la caution) ;
•compte foncier (agence foncière à approfondir) ;
•aide à la caution pour les personnes en difficulté ;
•les résidents des foyers de travailleurs migrants doivent pouvoir accéder aux logements sociaux (pas sûre qu’on doit la mettre ici, mais je n’ai rien d’autre)

ECOLOGIE

•Dans la construction et dans la réhabilitation des logements (notamment sociaux) utiliser toutes les techniques de la bio-construction avec des normes « haute qualité environnementale » HQE ;
•Un plan de développement des énergies renouvelables sera mis en place et la performance thermique au standard européen le plus avancé (15Wh/M2/an) s’appliquera immédiatement ;
•Toute vente ou remise en location des logements anciens sera subordonnée à un contrôle et une mise à niveau thermique ;
•Dans toute nouvelle construction on doit prévoir deux alimentations d’eau, une potable de consommation alimentaire (qui réduirait d’autant les déchets de conditionnement) et une de récupération et traitement des eaux usées.

DEMOCRATiE

•Mise en œuvre de l’anonymisation des procédures d’attribution des logements sociaux
Certains offices HLM, au nom de la « mixité sociale » ou de la « mixité ethnique » utilisent en effet des critères tels que le nom ou la taille de la famille, le lieu de naissance, le lieu de résidence ou l’ancienneté dans la commune pour donner la priorité à certains ménages au détriment des « immigrés » (ou supposés tels, comme les Antillais) notamment.  Cette discrimination s’appuie sur la stigmatisation du « repli communautaire » qui postule que les populations d’origine extra-européenne ne doivent pas vivre ensemble et qui autorise, au final, de les rétrograder dans la file d’attente pour l’accès aux logements sociaux par le biais de « quotas ethniques » qui ne disent pas leur nom ;
•Obligation de motivation détaillée des refus des demandes de logement, tant dans le secteur public que privé ;
•Création d’un corps d’inspecteurs du logement formés et disposant de moyens humains et matériels suffisants pour effectuer des contrôles dans tous les domaines du logement ;
•La résorption de l’habitat insalubre n’est possible que si l’on met en place à Paris, une véritable ingénierie de l’habitat, associant tous les acteurs du secteur : institutionnels (Etat, ANAH, Ville, Collectivités, etc.), travailleurs sociaux, mouvements associatifs, etc.
•Garantir l’accès aux personnes à mobilité réduite par des aménagements spécifiques dans les logements ;
•Création d’antennes dans toutes les mairies d’arrondissement pour le conseil et l’accompagnement dans la mise en œuvre du droit au logement opposable.


ECONOMIE SOCIALE ET SOLIDAIRE  pour un Paris du Mieux Vivre pour tous et toutes

L’ESS représente 10 % des emplois en France. C’est le secteur de l’initiative citoyenne et associative, mais aussi des mutuelles, des SCOP et du commerce équitable ainsi que du financement alternatif. Elle porte des valeurs de solidarité et de démocratie. Une partie de ses secteurs y a ajouté l’écologie.
Nous devons aider ce secteur à diffuser ses valeurs qui sont aussi les nôtres, lui donner les moyens financiers (subventions, meilleur accès aux appels d’offres...) et logistique (salles, moyen d’information..), mais ce n’est pas assez !
En effet, certains modèles expérimentés par l’ESS (SCOP, mutuelles, financement alternatif..) peuvent nous servir de point de départ pour la construction d’un projet alternatif, solidaire écologique et démocratique au niveau national comme local.
Il convient donc de réaliser n bilan/expertise des différentes facettes et problématiques de l’ESS avec ses acteurs. Ceci permettra de connaître ses besoins mais aussi de savoir quelles initiatives transposer et développer à l’échelle nationale comme locale, comment établir un équilibre entre initiatives privées de l’ESS et la prise en charge de certaines de ses missions par l’état ou les collectivités locales.
C’est à partir de ce travail que nous pourrons appliquer la réorientation de l’économie vers des valeurs de solidarités, écologie et démocratie et vers une politique de l’emploi durable.

Chacun a droit à un environnement non ou peu pollué, à un habitat sain et durable, et à une nourriture de qualité.

Un meilleur environnement nécessite une lutte contre la pollution (diminution de la circulation) mais aussi le développement d’espaces verts et de jardins partagés cultivés sans produits chimiques. Ceci contribue au lien social entre habitants de quartiers et donc à la qualité de la vie.
Il faut résoudre définitivement les problèmes d’habitat insalubre sévissant encore dans les quartiers populaires, restaurer ou construire des logements économes en énergie et producteur, donc à faibles charges pour y reloger les précédents habitants et ainsi les maintenir dans leur environnement habituel.
Nous devons démontrer que l’accès à une alimentation de qualité n’est pas réservé à une élite en mettant en place des filières courtes entre consommateurs et agriculteurs biologiques. Ceux-ci, doivent être encouragés et aidés par une politique nationale mais aussi locale (achats de terrains en grande couronne, inscriptions de contraintes environnementales dans les cahiers des charges des cantines, accès facilités aux appels d’offres...).  Il faut s’appuyer sur l’expérience des associations (associations d’insertion, d’agriculteurs et AMAP) œuvrant en leur faveur pour installer d’autres agriculteurs bio en Ile de France et proche région
pour accompagner cette démarche d’une politique de l’emploi. Ces efforts doivent être accompagnés d’une sensibilisation des citoyens par le biais d’initiatives les impliquant (jardins partagés, cantines scolaires et d’entreprises.)


SE DONNER LES MOYENS D’UNE POLITIQUE ECOLOGIQUE A LONG TERME

Cette politique ne doit pas s’appliquer par le haut sur des citoyens et des salariés non concernés. Nous ne partons pas de rien, certains citoyens qui forment une partie de l’économie sociale et solidaire œuvrent pour les valeurs démocratiques, sociales et environnementales que nous portons. Avec eux, il faut faire un bilan de leurs expériences pour prendre en compte les problématiques et limite de leur action mais aussi s’appuyer sur ce qui fonctionne bien (scop, associations d’insertion en maraîchage bio, banque alternative, ecozac..) pour l’aider ou l’intégrer dans un service public.
La plupart des transformations nécessaires à l’établissement d’une autre société comme d’une autre ville  passent par le rétablissement, la conservation et la création de services publics. Pour être efficaces et démocratiques, ceux-ci doivent obligatoirement impliquer citoyens et salariés dans leur fonctionnement et décision.
Il est stupide d’imposer des projets à des citoyens sans les consulter car cela ne répond jamais réellement à leur besoin et représente un déni de démocratie. Il faut donc les former et les encourager à la participation voire à l’élaboration de projets (écoquartier, écozac..).
Le rôle du service public sera d’appuyer ces initiatives, de gérer et de répartir l’énergie générée par ces quartiers mais aussi d’assurer un service municipal et démocratique de l’eau. Au niveau local la mise en place du budget participatif permettrait aux citoyens d’élaborer leur projet avec la municipalité.

Nathalie


Remplacer le nucléaire par l’énergie renouvelable

Il faut d’abor définir le potentiel énergétique de Paris (géothermie, photovoltaïque,..) afin de favoriser l’énergie renouvelable. Une politique ferme et ambitieuse de construction, de mise aux normes des bâtiments sera nécessaire afin de pouvoir non seulement économiser l’énergie (toits végétalisés, récupération systématique de l’eau de pluie, isolation, interdiction de la climatisation et de l’utilisation systématique du béton...),  mais aussi en produire (géothermie, photovoltaïque...).
Il faut également réduire la production de déchets et les recycler localement en énergie (chauffage, biogaz...) ou les convertir (encourager les ateliers de récupération artistiques et utilitaires...).


TRANSPORTS :

développer des alternatives aux transports polluants.
Il faut convaincre les particuliers d’abandonner l’usage de leur véhicule à Paris en
leur offrant des alternatives : amélioration et développement des transports en commun actuel (sud de Paris, harmonisation avec la banlieue...), service municipal de vélos et chariots avec amélioration du circuit cyclable.
Il faut également réorganiser le transport de marchandises en valorisant les infrastructures ferroviaires de Paris (voies et gares) et sa banlieue (SNCF, RER) et organiser des zones de fret. Tout ceci devant s’accompagner d’une contrainte d’utiliser ce système aux entreprises.
Pour éviter les déplacements massifs d’employés traversant la région parisienne, il faudra, à long terme, recréer la mixité de fonction et population dans les quartiers (entreprises, services publics, habitat social ou non, commerce de proximité)
SANTE : environnement, habitat et alimentation sains pour tous


        ECOLOGIE

L’échelle municipale est pertinente pour initier des alter-modes de vie, écologiques, solidaires et conviviaux. Paris, par son rayonnement, peut servir de laboratoire pour amorcer un virage vers une société sobre et respectueuse de l’environnement.

Dans notre projet, il s’agit dans tous les secteurs où la municipalité peut intervenir, d’associer une politique sociale à une politique écologiste. Parce que les plus fragiles de la société son bien souvent, à Paris, en France et dans le monde, les victimes d’un environnement dégradée, mais aussi de maladies liées au travail, au logement, à une alimentation industrialisée à outrance. Parce que la préoccupation environnementale reste trop souvent l’apanage d’une frange aisée de la population, détachée des soucis les plus quotidiens. Parce que l’environnement nous rend tous les passagers d’un même bateau.

Dans le domaine du logement, il s’agit de promouvoir la construction de logements sociaux économes en énergie, utilisant des matériaux locaux et propres, mais aussi de conditionner la construction d’équipements collectifs, gymnases,  bibliothèques...à des normes écologiques.

Dans le domaine du transport, il s’agit de continuer de décourager l’usage de la voiture et à encourager des modes de déplacements agréables et non polluants, indépendants des financements publicitaires. Mais aussi d’offrir à tou-te-s un accès aux transports collectifs, avec des tarifs progressifs selon le niveau de revenu.

Dans le domaine de l’alimentation, il s’agit de proposer des lieux de restauration collective, pour adultes et enfants, une alimentation de qualité, locale, faisant la part belle aux ingrédients bio, du commerce équitable et aux menus végétariens, dont l’empreinte écologique est bien plus faible que celle des menus traditionnels.

Il n’est pas possible quoi qu’on veuille nous raconter, de continuer l’escalade de la folie consommatrice et de préserver notre base environnementale, dont nous dépendons en dernier ressort,  que nous vivions en ville ou à la campagne. Il est nécessaire dans nos pays riches de consommer globalement moins, ce qui implique de partager aujourd’hui les richesses, sans attendre les fruits hypothétiques d’une croissance destructrice et ravageuse des ressources naturelles. Re-redistribuer par le biais de l’impôt progressif, sur les individus et les entreprises. Re-redistribuer par des services publics de qualité, à l’échelle nationale comme municipale.
Nous sommes contre la marchandisation du monde imposée par l’ordre  néolibéral des partis de gouvernement, présentée comme une fatalité. Nous considérons que les institutions à tous les niveaux doivent se réapproprier des biens comme l’eau, l’énergie, ou les transports qui sont au bénéfice de tous.

Pour infléchir la folle course à la consommation dans nos villes, nous prônons un contrôle drastique de la publicité, dans les rues et dans le métro. Nous voulons une surveillance des operateurs de téléphonie mobile qui imposent des antennes relais au mépris de la santé et du respect de l’environnement, dans le seul but de rapporter de l’argent à leurs actionnaires.

Pour encourager les jeunes et moins jeunes à consommer mieux, nous souhaitons le  développement de lieux d’éducation à la consommation, à l’image du Centre des Blancs Manteaux, l’intervention de personnes formées aux problématiques environnementales dans les écoles et le financement municipal de lieux de culture alternatifs qui mettent en œuvre les principes écologiques et autogestionnaires dans leur fonctionnement, et à travers des films et débats, et présentent un point de vue critique sur la mondialisation néolibérale. Pour nous, la culture ne doit pas être qu’un divertissement, mais doit aider à former les esprits et à prendre position pour un monde plus respectueux et plus juste.
                                   
Elodie


dimanche 17 février 2008

En chantier

C'est le grand chantier!

Nous sommes en train de revisiter tout le blog. Pour y placer témoignages, pogrammes, infos, vidéos et rendez-vous.

Tout ça va arriver dans la semaine.

A tres bientôt

jeudi 8 novembre 2007

LA ROTISSERIE SAINTE-MARTHE RESISTE ENCORE ET TOUJOURS

Une lutte    
Un espace associatif victime des pratiques scandaleuses d’une agence immobilière

Depuis 10 ans, le restaurant La Rôtisserie est un lieu unique, alternatif, associatif et autogéré.

Les associations qui font vivre la Rôtisserie ont tenté à maintes reprises d’acquérir les murs du local pour se mettre définitivement à l’abri de la hausse des prix de l’immobilier, et garantir l’indépendance et la pérennité du lieu. Or le gérant de l’agence immobilière TAPE, en charge de la gestion et de la vente du lieu, l’a racheté en son nom propre début 2005, à l’insu des locataires, et à un prix très faible.
Ce nouveau propriétaire voulait mettre les associations dehors fin juin.

Ses motivations sont évidentes.

Pour rentabiliser son achat, il a d’abord voulu tripler le loyer: sans succès. Il a ensuite congédié pour la fin juin les associations locatrices. Devant leur résistance, il cherche toujours à les expulser. Pour cela, il s’est engagé sur le terrain judiciaire. Il refuse toute possibilité d’arrangement.

Ne pas laisser faire !

Le large réseau de solidarité qui se constitue autour de la Rôtisserie se compose d’habitants du quartier, d’habitués du restaurant, de militants associatifs et tout simplement de Parisiens soucieux que leur ville ne devienne pas une boutique de luxe géante,  attachés à ce restaurant qui offre au quotidien des alternatives au monde marchand.
 
Au contraire, le gérant de la TAPE ne souhaite qu’une chose : pouvoir faire la plus grande plus-value possible.
Combien de lieux vivants et alternatifs ont déjà été remplacés par des espaces privés ?

Nous exigeons du propriétaire qu’il revienne sur sa décision de voir la Rôtisserie quitter le 4, rue Sainte-Marthe, et qu’il cède les lieux aux associations à un prix raisonnable.

Soutenez leur combat contre la spéculation, passez au restaurant, des informations seront mises à disposition très régulièrement pour organiser la lutte.


La Rotisserie,  un espace alternatif et original
Situé au 4, rue Sainte Marthe, dans le 10ème arrondissement de Paris, La Rôtisserie Ste Marthe est un restaurant pas comme les autres : des salariés vous accueillent le midi du lundi au vendredi, et chaque soir des associations cuisinent pour financer leur projet.
Ce restaurant pratique des prix permettant l’accueil du plus grand nombre.
Ce sont 6 emplois, une centaine de projets et un restaurant de quartier qui se trouvent en danger.


La spéculation, c’est de la merde!
Manifestation de soutien à la Rôtisserie
Le 10 Novembre 2007
Rdv à 14h devant le restaurant


 
                                                                                                                   

« Réforme » des régimes de retraite

Liquidation totale : tout doit disparaître !

Depuis quelques semaines maintenant est lancé ce qui est d’ores et déjà présenté comme LA réforme sociale principale issue du programme (et quel programme !) de l’ex-candidat Sarkozy : la réforme des régimes spéciaux de retraite. Pas un journal qui n’évoque quotidiennement le sujet, le plus souvent dès la une, pas une page d’information télévisée qui ne se prive d’un reportage sur la question. Pourtant, dans le paysage médiatique, force est de constater que le message transmis relaye fidèlement la bonne parole gouvernementale, et que l’on entend bien peu de voix (c’est une litote : on n’en entend de fait aucune) présenter un argumentaire qui réponde aux inepties des Sarkozy, Fillon, et Bertrand, lesquels d’ailleurs ne semblent pas parfaitement au diapason, sauf sur l’objectif : il s’agit de détruire encore un peu plus les conditions de travail et de vie de milliers de salariés et de travailleurs, et de poursuivre ainsi l’entreprise de sape amorcée par les réformes successives de Balladur (1993), Juppé (1995) et Fillon (2003). En effet, qu’entend-on quotidiennement ? La réforme des régimes spéciaux de retraite est présentée, avant même la claire formulation de son contenu, comme une marque de l’inestimable courage de l’ex-candidat Sarkozy, qui décidément a cet inestimable mérite de réaliser ses promesses de campagne ! Face à ce consensus médiatique affligeant, le Parti Socialiste, qui récemment a explicitement fait savoir qu’il renonçait à toute perspective de gauche en se déclarant favorable au marché, est divisé. Il n’est pas jusqu’aux syndicats qui, par leur attitude, valident le postulat gouvernemental selon lequel il serait nécessaire de réexaminer la condition des retraites : en acceptant la « concertation », mot si cher à la propagande gouvernementale, et en ne contestant guère que le délai qui leur est attribué, ils acceptent de collaborer à la marche du libéralisme.

Rapide état des lieux

Pour comprendre ce qui est en jeu dans la réforme actuelle, il est nécessaire d’avoir une vue synthétique de la situation des régimes de retraite en France, et d’observer ce qui s’est passé dans les vingt dernières années.
En 1993, Balladur a augmenté la durée de cotisation des salariés du privé, en la faisant passer de 37,5 à 40 annuités. En outre, le montant de la retraite ne devait plus être calculé sur les 10, mais sur les 25 meilleures années. Juppé n’a pas réussi, en 1995, à étendre cette durée de cotisation aux salariés du public et des régimes spéciaux, mais Fillon a réussi en 2003 contre les fonctionnaires là où le précédent avait échoué. Actuellement, donc, hormis les catégories socio-professionnelles de non-salariés dont le mode de retraite est différent (agriculteurs, commerçants, professions libérales et indépendantes), tous les salariés, du privé comme du public, sont soumis à un régime qui fixe la retraite à taux plein au terme de quarante annuités. Mais ceci n’est encore que provisoire, car la loi de 2003 prévoit l’augmentation de la durée de cotisation d’un trimestre par an à partir de 2008, aboutissant donc à 41 ans en 2012, avant de passer à 42 ans… Avant les augmentations ultérieures, naturellement, car le MEDEF prône quant à lui une durée de cotisations de 45 annuités, et l’on ne peut imaginer que cette instance si bien servie jusqu’à aujourd’hui par les gouvernements successifs n’obtienne pas encore satisfaction dans l’avenir !
Restent aujourd’hui les salariés des régimes spéciaux. Quels sont-ils ? Il s’agit de la SNCF, de la RATP, d’EDF-GDF, des marins, des mineurs, des employés de l’Opéra de Paris, etc. Au total, 1,6 millions de salariés, actifs et retraités. Ceux-ci ont droit à une retraite à taux plein à l’issue de 37,5 annuités de travail, et certains d’entre eux peuvent en bénéficier à partir de 55, voire de 50 ans. En outre, leur retraite est calculée sur la base du dernier salaire. Autant d’avantages scandaleux pour Sarkozy et ses affidés !

De l’égalité : une notion galvaudée !

Comme en 1995 et en 2003, c’est au nom de l’égalité que la droite entend unifier les régimes de retraite. Il est singulier de noter que le libéralisme se fait le champion de l’égalité quand ça l’arrange, et précisément quand il s’agit de dégrader les conditions de travail et de casser des avantages sociaux, mais ne se réfère plus du tout à cette notion quand il est question de la réforme de l’assurance maladie, dont la conséquence est au contraire d’instaurer l’inégalité des citoyens devant l’accès aux soins !
Quoi qu’il en soit, la survivance actuelle de régimes spéciaux de retraite pose bien un problème d’égalité, il serait idiot de le nier. Mais que proposent les gouvernants pour résorber cette inégalité ? Tout simplement de tailler dans le vif, comme sur un lit de Procuste, tous les avantages sociaux qui dépassent et qui ne sont pas à leur goût. C’est faire preuve de la plus honteuse mauvaise foi, car on oublie un peu vite - et on ne l’entend malheureusement jamais dire, même dans la prétendue opposition -, qu’il est deux manières de résorber une inégalité : on peut étendre à tous le système le plus désavantageux, ou bien le plus avantageux. En d’autres termes, plutôt que de prôner une égalité qui aligne tout le monde vers le bas et généralise les conditions les plus défavorables, ce sont aujourd’hui les régimes spéciaux qui doivent servir de modèles, et les milliers de travailleurs et salariés de France doivent s’entendre pour réclamer le retour général pour tous à une retraite à taux plein acquise au terme de 37,5 annuités !
Nous pouvons déjà entendre d’ici le MEDEF et ses alliés du pouvoir crier au scandale, à l’utopie ! À les en croire, eux seuls seraient détenteurs des connaissances du terrain, des réalités de l’économie. Assez de ce discours dominant qui, au nom d’un réalisme de bon aloi, justifie le développement de l’ultra-libéralisme et mine petit à petit les qualités de vie des travailleurs ! Nous vivons dans un pays riche, qui, grâce au nombre de travailleurs potentiels et aux possibilités permises par le développement technologique, peut produire suffisamment sans mettre le joug aux travailleurs. Nous sommes à une époque où l’on entend beaucoup parler de progrès, mais est-ce le progrès que de faire payer une amélioration technologique par un accroissement du temps de travail ? Le progrès n’est-il pas censé au contraire améliorer la vie des salariés ? Le progrès ne peut aller que dans un seul sens : la réduction du temps de travail hebdomadaire et du temps de cotisation.
Car l’allongement de la durée de la vie active pose un autre problème, d’une extrême gravité : comment peut-on espérer parvenir à juguler le chômage, si les emplois actuellement occupés par les salariés sont de moins en moins vacants ? Et si, dans le même temps, le gouvernement s’ingénie à ne pas renouveler la moitié des postes de la fonction publique qui se libèrent, la situation deviendrait burlesque si elle n’était si tragique ! Et si, dans le même temps, le gouvernement encourage même dans le secteur public les heures supplémentaires et instaure un système de contrat à la productivité, comme il en est question, comment éviter que la charge supérieure de travail assumée par un nombre égal, voire inférieur, de salariés ne génère une augmentation du taux de chômage ?
Mais ne nous leurrons pas : ceci n’est pas un désagrément collatéral, c’est une situation voulue et délibérément recherchée par les gouvernants, car les emplois se raréfiant, cela permet au MEDEF, par l’entremise de ses suppôts gouvernementaux, de créer des contrats de plus en plus précaires : poussés par le chômage, les gens seront de plus en plus disposés à accepter n’importe quel type de contrat d’embauche, fût-il entièrement destiné à permettre les licenciements sans aucun contrôle !

De la pénibilité du travail

La propagande gouvernementale a trouvé l’exemple idéal pour prouver que les avantages des régimes spéciaux n’étaient plus justifiés, et elle l’agite à tout va : c’est la figure du conducteur de train à la SNCF, qui a le droit de prendre sa retraite à 50 ans, alors même qu’il n’a plus à charger la chaudière de charbon ! Quel fainéant ! Fort de cet exemple frappant pour encourager l’animosité des Français contre certaines catégories professionnelles, le clan Sarkozy manie depuis quelques temps un nouveau concept : la pénibilité. Selon eux, la pénibilité qui justifiait autrefois les avantages des régimes spéciaux a disparu, et il faudrait donc réajuster la donne. Là encore, le procédé est aberrant : on devrait bien au contraire se réjouir que le progrès technologique permette d’alléger le poids physique du travail, plutôt que de crier haro sur le baudet.
Mais soit. Accordons que les métiers ont évolué et se sont transformés, mais cela ne signifie pas pour autant que toutes les professions sont devenues aisées et agréables pour autant. Si l’on accepte de prendre en compte - et cela semble, pour une fois, juste - le degré de pénibilité des professions, il faut naturellement y inclure certains facteurs autres que physiques pour évaluer la pénibilité. Car les études sociologiques ont suffisamment démontré que la principale difficulté du travail à notre époque n’est plus physique, mais psychologique et nerveuse. Dans ce cas, il est extrêmement urgent de classer les enseignants parmi les salariés subissant une forte pénibilité, car s’il est une profession qui s’est transformée depuis vingt ans, et dans un sens très négatif, c’est bien celle-ci. Est-il anodin que ce secteur d’activité connaisse les taux de dépression les plus élevés ? Que se manifeste chez des enseignants entre 30 et 40 ans une fatigue nerveuse et morale plus importante que celle de nombre de leurs collègues de 60 ans à la génération précédente ?
Voilà en effet le plus grave indicateur de pénibilité dans le monde du travail à notre époque : le stress. Récemment, la caisse primaire d’assurance-maladie des Hauts-de-Seine a reconnu comme accident du travail le suicide d’un salarié du technocentre Renault de Guyancourt. C’est une information qui doit agir comme un révélateur de ce qu’est aujourd’hui le monde du travail : les exigences de rentabilité et de compétitivité qui pèsent sur les salariés, à tous niveaux de qualification et de responsabilité, encouragées par une politique de concurrence effrénée, sont de graves facteurs de pénibilité qui justifieraient amplement une retraite de plein droit en deçà de 60 ans. Dans le même ordre d’idée, la réduction drastique du budget et des effectifs a installé à l’hôpital une situation telle qu’elle est à l’origine du suicide de quatre infirmières à Roubaix dans les derniers mois. Car l’augmentation de l’espérance de vie est un critère fallacieux brandi de façon inique par Sarkozy et consort : à quoi bon vivre plus longtemps, si l’on vit plus mal ?
Et tant d’autres éléments contribuent à la dureté du travail ! Les gestes répétitifs de la caissière de supermarché et de l’ouvrier qui travaille à la chaîne ne génèrent-ils pas une usure irrémédiable ? Et pour revenir à notre conducteur de train, les longues plages-horaires de travail de nuit et l’éloignement de son domicile et de sa famille ne sont-ils pas des facteurs contribuant à la pénibilité du travail ? Sans compter la vigilance dont ils doivent faire preuve, car ils endossent la responsabilité de la sécurité des voyageurs.

De la stratégie de propagande gouvernementale

Ces quelques exemples concrets que nous venons de prendre sont destinés à montrer de quelle mauvaise foi et de quel déni de réalité témoignent les projets du moment. Il faut en effet rappeler certaines réalités, surtout quand, comme l’ex-candidat Sarkozy, on s’est fait le champion du pragmatisme et du bon sens ! Pourquoi noyer la réalité du monde de travail sous ces grands mots d’égalité et d’équité, qui sonnent si mal dans la bouche de ceux qui les prononcent ? À n’en pas douter, l’objectif de la propagande gouvernementale est simple : diviser pour mieux régner ! La stratégie est vieille comme le monde, mais toujours aussi efficace. Quoiqu’en dise Sarkozy lors de son intervention télévisée du jeudi 20 septembre, son but est bien de criminaliser les travailleurs des régimes spéciaux, en les exposant à la vindicte du reste des salariés. Internet est révélateur de cet effet sur une grande partie de l’opinion publique, et livre des témoignages éloquents : de nombreux blogs et forums pullulent de commentaires acides, qui sur la fainéantise des salariés visés par la réforme, qui sur l’archaïsme et l’immobilisme (encore un mot issu de la propagande gouvernementale) des agents en question. On va jusqu’à qualifier de « privilèges » les avantages sociaux dont ils disposent jusqu’à ce jour ! L’équipe Sarkozy peut se frotter les mains : ils ont réussi ! Une fois que le pays est divisé, et qu’une partie des salariés est montée contre une autre, c’est comme si la réforme était déjà faite ! D’autant que, sur ce coup, Sarkozy n’a pas eu à déployer de grands trésors de conviction, puisqu’il s’est contenté de jouer, en les accentuant, avec des idées reçues déjà si fréquentes dans la population : depuis longtemps, cheminots, profs, et fonctionnaires sont les parangons de la fainéantise et de l’inutilité ! Bel exemple de populisme…
Cela dit, l’utilisation de techniques aussi basses et néfastes n’a rien pour surprendre, car c’est cette stratégie qui est mise en œuvre depuis de nombreuses années par les dirigeants : la droite divise les citoyens et dresse les prétendus privilégiés contre les autres, les usagers contre les grévistes, les non-fumeurs contre les fumeurs, les gens en bonne santé contre les malades, lesquels, parasites qu’ils sont, ont le toupet de coûter de l’argent ! Et une fois que l’opinion est divisée et qu’une partie a repris à son compte les slogans gouvernementaux, toute réforme peut passer, aussi insupportable soit-elle !

Bilan : le choix de la vie humaine contre l’argent

Pour résumer, quelles sont donc les conséquences de la réforme prévue des régimes spéciaux de retraite, et plus généralement des réformes des systèmes de retraite que l’on connaît depuis quinze ans ? Dégrader la qualité de vie des salariés, précariser le travail, engorger le renouvellement des générations et accroître par conséquent le chômage déjà massif que connaissent les travailleurs de notre pays. Pour le libéralisme, l’être humain n’existe pas, il n’a pas de corps, pas d’individualité, il n’a aucun droit à l’amélioration de qualité de vie qui est le seul sens véritable du progrès ! Pour le libéralisme, l’être humain est un bras, un animal, une ressource d’énergie qu’il faut pressurer autant que possible pour en retirer le plus grand profit. C’est un rouage jetable et interchangeable dans l’immense machine de production qui génère l’enrichissement de quelques-uns. Quel est donc le schéma de vie qui se dégage ? Un salarié devra épuiser ses forces, tant qu’il en a, pour la sacro-sainte productivité, et quand, au moment de prendre sa retraite, il ne sera évidemment plus qu’une loque anéantie, il pourra directement aller à l’hospice. Telle sera la récompense d’une vie d’efforts !
Face à cette entreprise de régression sociale et de sape de notre qualité de vie à tous, il est impératif que tous les salariés manifestent leur solidarité, s’unissent, et se mobilisent pour défendre les régimes spéciaux de retraite, avant d’entreprendre une lutte destinée à reconquérir dans tous les secteurs, public comme privé, les mêmes droits que ceux qui nous ont été ôtés. Il faut exiger un régime général qui accorde à tous les travailleurs une retraite à taux plein au terme de 37,5 annuités au maximum, nombre qui peut être revu à la baisse dans certains secteurs en fonction de la pénibilité effective engendrée par le stress, la dureté psychique et nerveuse de leur profession ; un régime général qui calcule le montant des retraites sur le meilleur salaire de la carrière, et assure ainsi à tous la possibilité de ne pas connaître une vieillesse plus misérable que la vie active ! Le véritable progrès va dans le sens d’un partage du temps de travail à tous les niveaux, non vers une augmentation de la difficulté pour les quelques chanceux qui bénéficient encore d’un emploi !
Si la clique qui nous gouverne refuse d’entendre les légitimes revendications du peuple des travailleurs, et détourne ainsi dans son intérêt propre et dans celui du MEDEF l’appareil de l’État, qui nous appartient à tous, il reste la solution de l’autogestion : que chaque catégorie socio-professionnelle s’organise et crée ses caisses mutuelles d’entraide et de retraite. Le même combat devra se livrer pour la santé, et il n’est plus temps d’attendre.

Des logements sociaux dans le 10ème?

Depuis des décennies « Paris en crise » affiche un déficit de logements sociaux et même s’il s’en construit quelques milliers de plus chaque année, l’offre demeure insuffisante et singulièrement inadaptée à la demande. Pourquoi ? Budgets insuffisants, foncier hors de prix, réserves trop rares, couardise et calculs politiciens, préférence nationaliste inavouée, choix électoralistes affirmés, discriminations sociales, les causes sont multiples, les responsabilités partagées, mais quelque part nos édiles, toutes tendances confondues et tout responsables qu’ils soient, sont dans le DENI ! Déni de la mondialisation et de ses conséquences (délocalisations, chômage de masse, emplois précaires, bas salaires, baisse du pouvoir d’achat, etc.) qui ont eu raison de l’ascenseur social ! Déni de cette pauvreté structurelle qui gagne peu à peu « les ménages à revenus moyens » et s’enracine dans nos quartiers ! Déni de la misère laborieuse qui s’entasse dans les hôtels borgnes et les immeubles en voie de démolition !

En effet, quand on les interpelle à propos de cette persistante pénurie de logements sociaux, quand on les alerte sur l’impossibilité de se loger dans le parc privé du fait de l’augmentation des loyers (+ 3,9 % de 1998 à 2004 ; + 5,1% en 2005 ; + 3,5 % en 2006 ; + 2,7 % en 2007)* , quand on s’insurge contre les choix politiques qui muent les trottoirs de nos villes en hôpitaux psychiatriques et en mouroirs, nos « responsables politiques » (toutes tendances confondues) affichent une égale et bienveillante compréhension, font le même aveu d’impuissance et assurent qu’à leur niveau, ils font « tout ce qui est possible pour remédier à la situation »… Mais au-delà des paroles d’apaisement et de circonstance quel est le bilan logement, à Paris, en cette fin de mandature ?

S’il  est vrai que Paris s’est engagé, depuis 2001, dans un véritable programme de rattrapage afin de résorber son déficit de logements sociaux  (- 75.397)**  et s’il est également vrai que la production est passée de 3465 logements en 2001 à 5229 en 2006***  pour atteindre – toutes catégories confondues – 23851 en 2006, chacun peut constater que l’offre continue (comme du temps de Tibéri et son prédécesseur) de cibler les ménages à revenus moyens et supérieurs (11631 PLUS**** , 7293 PLS***** , 4927 PLAI****** ) alors que la majorité des 109397 demandeurs en 2006 (+ 9158 depuis 2001) ont des ressources qui correspondent aux logements… En conséquence pour les ménages les plus modestes : pas d’embellie, les mêmes continuent de survivre dans un habitat plus ou moins précaire ou de s’entasser dans de sordides hôtels « sociaux » dont les tenanciers s’enrichissent sur le dos de la collectivité. Quant aux sans logis qui, un temps, se sont imposés à l’attention des politiques en se rassemblant sur les rives du Canal St Martin, sous les tentes de l’espoir, ils ont été (pour les derniers) chassés aux beaux jours. Aujourd’hui, à l’entrée de l’hiver, alors que les mal-logés, rassemblés rue de la Banque, résistent depuis des semaines aux violences des hommes en bleu, combien ont emménagé dans un logement pérenne, combien sont encore à l’hôtel ou dans une structure d’hébergement, et combien enfin se terrent, à l’abri des matraques, dans les coins les plus reculés des quartiers ?
On nous dit qu’il manquerait plus de 6000 places d’hébergement sur les 22000 prévues…
Et des logements, il en manquerait tant que madame Boutin, la ministre du logement – quotidiennement (et à juste titre) interpellée par les mal logés et leurs soutiens – a fait (émission « Revu et corrigé », France 5 – 27.10.07) un aveu d’impuissance aussi inattendu qu’inquiétant, une réponse qui vaut pour tous : « Il n’y a pas de logements et je dois loger en priorité des personnes qui n’ont pas du tout de logement » ; et de poursuivre « il est inacceptable que des hommes, des femmes et des enfants n’arrivent pas à se loger » en insistant « des hommes et des femmes qui travaillent… qui sont dans cette situation… ».
N’en déplaise au Ministre, pour qui l’extrême détresse des sans-logis semble justifier l’attente indéterminée de familles dans des taudis ou autres abris précaires, la crise du logement est en phase aiguë depuis un certain nombre d’années déjà…
86 000 sans-logis  -  3,1 millions de mal-logés (tous types d’habitats dégradés et/ou précaires) -  610 000 personnes en situation de surpeuplement - 708000  en chambres d’hôtels ou meublés - 1,6 million de demandeurs de logements dont  315 000 en Ile-de-France.

Dans une telle situation de crise, la seule réponse qui vaille c’est le déblocage de moyens supplémentaires pour construire des logements adaptés aux besoins, en effet : « Il n'est pas sérieux de croire que les familles modestes, et à plus forte raison les plus pauvres et les plus vulnérables d'entre elles, peuvent trouver à se loger de façon digne, décente et durable, par la seule loi du libre marché. »
Comment  en est-t-on arrivé là ? Quels sont les enjeux immédiats et pour les années à venir ?
Pourquoi Paris, ville de gauche, joue petit bras ?
Et dans le 10ème, combien de demandes de logement en attente ?

La droite fait l’impasse et « la gauche qui protège » regarde ailleurs…
Quel mystérieux dessein ou quelle illusion poursuit-on en haut lieu en se refusant à cibler les populations en demande et en produisant globalement si peu de logements ?
Selon l’INSEE, il aurait fallu construire 320 000 logements par an entre 2000 et 2004 ; les chiffres du ministère de l’Equipement n’en accusent que 309 200 en 2000, 302 700 en 2001 et 302 800 en 2002 et depuis le rattrape n’a pas eu lieu… Aujourd’hui, selon les associations, il en faudrait, là tout de suite, un bon million ! La dramatique crise du logement qui nous saute à la gueule est quantitative, mais également qualitative : c’est une crise du logement bon marché et par extension la manifestation d’une certaine forme de rejet à l’égard de ces pauvres dont personne ne veut dans sa ville ou dans son quartier… Illustration de cette inavouable discrimination : « Tous les produits locatifs, y compris le locatif social, visent pour une large part, la tranche supérieure de la catégorie à laquelle ils sont destinés. »
                                                                      
Et, même si récemment on s’est enfin décidé à relancer la construction (410.000 logements financés en 2005 et 430.000 en 2006), les grandes orientations n’ont pas été infléchies. Mixité sociale et renouvellement urbain obligent, on a entrepris de vider les quartiers et de se priver de milliers de logements sociaux, en faisant sortir tour sur tour°  à la périphérie des grands centres urbains et en démolissant à tout va, à Paris. Bien sûr, on remplace quartiers insalubres et « zones de relégations » par du beau, du plus vaste et récemment du HQE (haute qualité environnementale), mais on ne remplace pas à égalité ce que l’on a détruit et la majorité des nouveaux « produits », plus chers, sont prioritairement destinés aux ménages à revenus moyens : 70% de ces logements ne sont accessibles qu’à 30% de la population, compte tenu des prix de sortie.
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À Paris, en 2006, 75 % des demandeurs de logements sociaux disposaient d’un niveau de ressources inférieur au plafond PLAI°°  ; pourtant, comme au cours des années précédentes, les élu(e)s ont marqué leur préférence pour des logements PLUS  (4927 PLA-I contre 11631 PLUS°°°) et dans le 10ème, on s’est même risqué à défendre la thèse de l’équivalence entre les deux produits (5,25 € du m² pour le PLAI – 5,90 € pour le PLUS), les prestations familiales étant supposées prendre en charge le différentiel. Quant au PLS, qui a tout du logement intermédiaire et rien du logement social, Paris en a agréé 7239 entre 2002 et 2006, soit environ 30 % de la production pour seulement 8,4 % des demandeurs. Et il est probable qu’il y en aura quelques milliers supplémentaires avant que la capitale ne se décide à suivre l’agglomération du Grand Lyon qui a choisi de le considérer pour ce qu’il est, c’est-à-dire un logement intermédiaire. Conçu à l’origine pour favoriser la « mixité sociale », ce produit hybride, qui séduit les maires (celui de Paris ne fait apparemment pas exception à la règle) offre l’avantage de financer aussi bien du « logement social » que des logements pour étudiants, personnes âgées ou handicapées. Il est passé de 10% à 35% en 2005, 37% en 2006 et 2007, il devrait atteindre 40% en 2008 et 2009. À terme, sa production aura quadruplé (+ de 40.000) alors que celle de l’ensemble des logements sociaux n’aura même pas doublé et, à moins d’une soudaine et miraculeuse augmentation des budgets et d’une réorientation des « priorités », point de changement à l’horizon…
L’enjeu est de taille, l’État, les collectivités territoriales, les communautés de communes, les communes, vont-ils enfin unir leurs efforts pour satisfaire les besoins des sans-logis, des mal-logés et de la grande majorité des demandeurs de logements, ou vont-ils continuer à faire les yeux doux aux ménages les plus aisés (5,3% sont déjà logés en HLM) en se faisant mutuellement porter la responsabilité de la crise ?

Ci-dessous, quelques chiffres et infos :

Les conditions de logement en France
57 % de la population sont propriétaires de leur logement, 17 % sont logés dans le parc social et 20,5 % dans le parc privé ; 5,5 % sont hébergés gratuitement ou dans des « conditions particulières ».


Les ménages et leurs revenus à Paris
Le revenu mensuel moyen s’élève à 2085 €, soit 46% de plus que le revenu moyen national.
Les ménages à revenus moyens se situent en 2005 entre une limite inférieure de 1208 € mensuels par unité de consommation (UC) et une limite supérieure de 3141€.
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Les ménages par catégories
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L’offre de logements sociaux
Il y a 171.502 logements sociaux au 1er janvier 2006 – toutes catégories confondues.
En 2002, le nombre de logements sociaux était de 157.763 unités – toutes catégories confondues –, ce qui correspondait à 13,69 % des résidences principales.
Le pourcentage de rotation des ménages parisiens logés dans le parc social est inférieur au pourcentage de l’Île-de-France, soit : 8,5% pour 6,4% à Paris, en 2002.

La production de logements de 2001 à 2006 (logements agrées) à Paris

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La demande
Environ 8% des ménages parisiens sont demandeurs d’un logement social.
Au 1er janvier 2006, Paris compte 109.397 demandeurs de logements dont 88131 parisiens.
70,5 % de ces demandeurs ont des revenus inférieurs au plafond des PLA-I (à peu près un SMIC).
8 % disposent de revenus supérieurs aux plafonds PLUS et 3 % aux plafonds du PLS.
Entre 2001 et 2006, le nombre de demandeurs de logements a augmenté de 9158 unités.

Répartition des ménages par statut d’occupation à Paris
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43 % des logements sociaux parisiens abritent des ménages à revenus modestes

Glorification en mairie du 10ème

Sous la houlette du maire, en partance, le 10ème populaire (89610 habitants) a quasiment accompli sa mutation… De réhabilitations en démolitions et aménagements, son parc logement a été « modernisé » et sa physionomie générale est rendue si attrayante (pistes cyclables plantées, espaces verts soigneusement arborés, quartiers tranquilles, boutiques et cafés branchés, canal récemment « rendu à ses riverains ») que l’on en oublierait presque les 4555 demandeurs de logements (70% ayant des ressources inférieures au PLAI), dont les nombreuses familles qui patientent dans les hôtels dits sociaux, celles dont les vies sont sous contrôle en résidences sociales, ceux qui nomadisent de l’appartement des parents à celui des potes, ceux qui n’ont pas eu (et n’auront jamais) les moyens de s’offrir un loft de 200 m² dans une arrière-cour discrète, ceux qui tous les soirs bouffent du gaz d’échappement en hors-d’œuvre sur le terre-plein de la place Colonel Fabien.

Avec un chiffre officiel de 4821 logements sociaux (les logements intermédiaires inclus), un déficit de 9,7% par rapport aux objectifs de 20% de la loi SRU, et une production 2000-2007 qui a contribué à creuser le déséquilibre de l’offre (685 PLUS, l82 PLS et 286 PLAI) en favorisant les segments supérieurs de l’offre, quel bilan pour l’équipe sortante et quels engagements pour les 5 années à venir ?
Demain, s’agira-t-il de tout mettre en œuvre pour satisfaire les besoins des sans-logis, des mal-logés et des demandeurs de logements, ou verra-t-on les mêmes (ou presque) lâcher les plus pauvres et continuer de prêter l’oreille aux exigences ou aspirations de ceux qui, déjà logés et souvent fort bien, s’appliquent à jouer du bulletin de vote pour défendre leur « qualité de vie » et contrôler leur environnement ?

Les ménages du 10ème et leurs revenus
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Ci-dessous, en consultation, un document de travail établi à partir des délibérations votées entre 1983 et 2007. Elles sont consultables aux archives de la mairie d’arrondissement et à celles de la mairie de Paris, porte des Lilas. Il n’a malheureusement pas été possible de remonter antérieurement à l’année 1983, aucun document n’ayant été conservé… Manquent donc tous les logements produits dans les années 50 et 70 ; font également défaut des documents faisant état de l’éventuelle réalisation de « logements passerelles » (cette catégorie de logements permettaient aux personnes qui avaient des ressources inférieures aux plafonds de pouvoir accéder à un logement décent) ; également très peu de LL (loyers libres) alors qu’ils ont constitués avec les PLI une solide assise pour les attributions de logements de la mairie d’arrondissement au cours de cette dernière mandature.
Ce document de travail, avec ses manques et ses imperfections, permet cependant une bonne évaluation du parc existant d’autant que croisements et recoupements ont permis de valider la très grande majorité des programmes mentionnés.
Un doute subsiste sur la très grande quantité de logements de la convention 83 à la Zac Grange-aux-Belles, mais sans informations significatives à ce sujet, les programmes ont été maintenus à titre indicatif.
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*Extrait de l’étude annuelle de l’observatoire Clameur – L’Expansion. Com 30.08.07.
**La loi SRU (solidarité et renouvellement urbain)  du 13 décembre 2000 fait obligation aux communes de plus de 1.500 habitants en Île-de-France de comporter au moins 20 % de logements sociaux.
*** Les chiffres du logement social à Paris en 2006 proviennent d’une Etude APUR.
****PLUS : Prêt locatif usage social – plafond de ressources au 01/01/07 : 18 463 € pour 1 pers. – revenu imposable après abattement 20 +10 % – Décret n° 99-794 du 14 septembre 1999.
*****PLS : prêt locatif social – plafond de ressources au 01/01/07 : 24002 € pour 1 pers. – revenu imposable idem.
******PLA-I : Prêt locatif aidé Intégration – plafond de ressources au 01/01/07 : 10156 € pour 1 pers. – subvention de l’Etat de 20 % à 25 % si dérogation préfectorale.
° Plan Borloo = construction-démolition annuelle de 40 000 logements pendant cinq ans.
°°  PLA-I : Prêt locatif aidé Intégration – plafond de ressources au 01/01/07 pour 1 pers. : 10156 €) – subvention de l’État de 20 % à 25 % si dérogation préfectorale.
°°° PLUS : Prêt locatif usage social – plafond de ressources au 01/01/07 : 18 463 € – Décret n° 99-794 du 14 septembre 1999

mercredi 12 septembre 2007

Compte-rendu de la réunion du 3 septembre

Petite réunion de rentrée. Nous avons échangé sur la situation politique, les perspectives pour la Gauche Alternative et évoqué des projets pour le 10ème.


Situation politique


  Ni les lendemains qui chantent ni la fin du monde. 

Bien sûr, nous notons que la situation politique n’est pas formidable. Les trois premiers mois du règne de Sarkozy nous ont permis d’assister à la mise en place des premiers éléments de contre-réformes (par exemple s’attaquer au droit de grève dans la fonction publique avant de s’attaquer aux régimes spéciaux), première distribution de cadeaux aux riches, ainsi qu’à une certaine gesticulation médiatico-politique [Mathieu]. Patrick L. pense que ces choix très dépensiers pourrait inquiéter une partie de la droite souhaitant une gestion « de bon père de famille ».

Plusieurs personnes [Marie, Michelle, Sabine, Claude] ont souligné le soutien que les sondages prêtent à N.Sarkozy.

Pascal a insisté sur la « dictature médiatique » depuis l’élection du candidat de l’UMP. Plusieurs remarques sur le comportement des médias  laudateurs [Patrick L., Pascal, Claude, Sabine, Mathieu] 


Pour autant, ce n’est pas non plus la fin du monde. Nicolas a souligné que la menace d’un régime fasciste (menace brandie à plusieurs reprises pendant la campagne) ne s’était pas pour l’instant traduite dans les faits. Pour Nicolas et Mathieu l’état de grâce Sarkoziste n’a pas de raisons particulières de durer plus longtemps que les états de grâce de ses prédécesseurs (les « 100 jours » de Villepin, la « méthode » et « le  savoir-faire » de Raffarin, la « révolution tranquille » -sic- de Balladur : 60, 70 et même 74 % d’opinion favorable qui n’ont pas duré. )

Nicolas a aussi souligné qu’il s’agit moins d’une imprégnation idéologique de la société (qui risquerait d’être durable) mais plus l’impact de la propagande médiatique (il est rapide, il se débrouille bien avec les médias, il fait des choses …) bien plus superficiel.

À gauche


  Mais si le triomphe de la droite sarkoziste est provisoire, la gauche semble s’installer durablement dans la crise. L’apathie du PS [Sabine, Mathieu, Pascal, Patrick L.] est impressionnante.

Patrick souligne la contradiction de plus en plus forte (que F.Hollande théorise même) :  être de plus en plus à droite avec un électorat toujours à gauche. Cette crise de la sociale démocratie touche toute la gauche comme si la domination électorale et médiatique de cette gauche lui donnait aussi une prédominance idéologique pour toute la gauche [Mathieu] pourtant nous n’aurions rien eu à attendre de l’élection de Royal (sur les 35h, la fusion EDF-GDF, les régimes spéciaux …) [Nicolas] et cette crise d’orientation de la sociale démocratie n’est pas la nôtre [Pascal, Sabine]

Le paysage dans le reste de la gauche n’est pas non plus réjouissant. Sabine s’interroge sur la possibilité de rapprocher des structures si éloignées. L’évolution de la Ligue a aussi été critiquée. Le projet de parti « mi-libertaire, mi-guévariste » présenté par O.Besancenot laisse  pour le moins dubitatif sur son orientation [Patrick L., Nicolas, Marieu] mais le fait qu’il s’agisse de rassembler autour de la LCR et dans le cadre qu’elle aura fixé semble claire pour tout le monde. Pour Mathieu, il semblerait que la LCR ait théorisé que nous rentrions dans une période de reflux politique et qu’il faille construire une organisation mouvementiste, sautant d’une lutte à l’autre sur un modèle proche du SWP anglais en attendant des jours meilleurs.

Pascal a rappelé qu’il fallait pourtant regrouper toutes ces forces anti-libérales (plusieurs personnes ne sont interrogées quant à savoir qui aujourd’hui était prêt à ce rapprochement).


L’avenir de notre espace Gauche Alternative


  Sabine et Mathieu considèrent que l’A.G des collectifs fin juin (1) a fait des choix catastrophiques.

Les collectifs émergeants (Gauche alternative  2007 et Comités Bové) ont été réintégrés dans le cadre plus large comprenant aussi les Collectifs Unitaires Anti-Libéraux or ces cadres ont été désertés par les militants de la LCR et du PCF. On a donc neutralisé les collectifs s’affirmant le plus dans un espace plus large mais … vide. Ce qui a aussi redonné un espace aux personnes dont  l’existence politique se situe justement dans les médiations informelles  et très médiatisées entre différents espaces politiques. Ce n’est pas  un hasard si les initiateurs du collectif Maintenant à gauche (2) se sont  gardés d'évoquer jusqu'à l'existence des collectifs (Sabine).

Par ailleurs, plusieurs textes structurant (3) cet espace (fonctionnement, orientation)  sont en cours de rédaction. Ils seront mis en circulation dès leur publication et débattus lors de notre prochaine réunion. Sabine, qui s’est impliquée dans le collectif national d’animation est assez pessimiste  sur la dynamique nationale. Mathieu pense que la dynamique de collectifs de base regroupant des militants de plusieurs sensibilités et organisations  – ou sans- perdurera même si ce n’est pas avec le cadre national actuellement existant. Nicolas pense que quoi qu’il arrive notre collectif en trouvera d’autres dans la même dynamique avec qui travailler. Isabelle constate que les difficultés possibles au niveau national ne remettent pas  en cause l’intérêt de notre groupe local.

La question de l'appel à participation pour les frais engagés sur le site (4) a été débattue et nous sommes convenu-es d'un commun accord que faute d'avoir été consulté-es et/ou associé-es à cette décision, nous ne pouvions nous sentir concerné-es. Un courrier dans ce sens va être rédigé à l'intention du secrétariat. Nicolas a accepté de s'en charger.


Dans le 10eme

Karoline, Patrick L et Marie nous racontent le déroulement de la réunion de mi-juillet (réunion informelle proposée par le secrétaire de la LCR 10ème). Rencontre sympathique mais faible présence de la LCR et du PCF. Le camarade du PCF présent a expliqué que les militants communistes avaient vécu nos rencontres comme si nous avions comme finalité de détruire le PCF ( !).

En chantier


  C’est la fin de la réunion mais nous évoquons tout de même des éléments pour la suite.


1. Une réunion sur l’Autogestion (demande devrait être fait à Patrick S. de la préparer)

2. Une autre réunion Science-marché-démocratie. Serpent de mer du collectif. Ça fait des mois que nous l’évoquons. Matthieu et Aurélie,  qui s’étaient déclarés dispo pour s’y impliquer, seront relancés.

3. Karo prendra des contacts avec les structures progressistes et d’aides aux immigrés pour organiser une réunion sur les questions de chasse aux étrangers

4. Le projet de Journal numérique et mural est relancé (Mathieu, Sabine et Fabrice)

Un point sera fait sur ces quatre sujets lors de la prochaine réunion.


Prochaines réunions


Pusieurs participants du Comité G.A 9/10 nous ont fait part des problèmes qu’ils avaient à venir à des réunions le lundi. Qu’à cela ne tienne ! Voici les dates des prochaines réunions :

Mardi 18 septembre et Jeudi 4 octobre

La réunion se déroulera soit aux Alternatifs, 40 rue de malte M°Répu, soit à la maison des assos du 10eme (206 quai de Valmy, M°Jaures) en fonction de l’avancement de l’inscription de notre association à la maison des assos (Michelle et Claude)

CR réalisé (sans notes) par Mathieu et Sabine




Prochaines réunions


Mardi 18 septembre et Jeudi 4 octobre

aux Alternatifs, 40 rue de malte M°Répu ou à la maison des assos du 10eme (206 quai de Valmy, M°Jaures).




1. Résolution de la coordination des collectifs unitaires des 23-24 juin 2007
 
Sur la perspective des Assises des collectifs unitaires et des États Généraux unitaires de la gauche écologiste, féministe et de transformation sociale.
La coordination des collectifs unitaires, réunie à Saint Denis les 23 et 24 juin 2007, et rassemblant des délégué-es de collectifs et comités unitaires, quels que soient les noms qu’ils se donnent, et quels qu’aient été leurs choix à l’occasion de la séquence électorale, a décidé d’organiser avant la fin de l’année 2007, comme cela avait été envisagé lors des précédentes coordinations de Bobigny et de Saint Denis, des Assises dont l’objet est ainsi défini :
- nous voulons pérenniser notre existence en tant qu’espace commun de réflexion et d’action, structuré en collectifs locaux, coordonnés de manière efficace et visible.
- les collectifs unitaires sont des espaces ouverts à tou-tes : citoyen-nes engagé-es, membres ou non d’organisations politiques, associatives, syndicales, de courants. Ils ont la volonté de réunir toutes les sensibilités de la gauche antilibérale, altermondialiste, alternative, écologique, antiraciste, solidaire, féministe, anti-guerre.
- ils sont en lien avec les divers mouvements et réseaux de mobilisation sociale, et en sont parties prenantes.
- ils sont des lieux d’échange, d’élaboration d’un projet de gauche véritablement en rupture avec le libéralisme, des lieux de résistance et d’action.
- ils proposent un cadre stable et ouvert à celles et ceux qui veulent faire vivre un processus unitaire par une dynamique capable d’ouvrir une alternative au libéralisme.
- chaque collectif décide souverainement de ses modalités d’organisation, sur la base du principe : 1 personne = 1 voix.
À l’occasion de nos Assises, nous entendons :
- nous donner au niveau national des règles de fonctionnement, de décision, et de représentation démocratiques, ainsi qu’une dénomination.
- contribuer à l’organisation de la résistance à la politique du gouvernement Sarkozy, avec l’ensemble des forces disponibles.
- travailler à la poursuite de l’élaboration de notre projet écologiste, féministe et de transformation sociale, allant bien au-delà du cadre programmatique des 125 propositions du texte Ce que nous voulons.
- faire le bilan de l’activité de la gauche de transformation sociale et écologique depuis 2005, ainsi que de l’état des forces à l’issue des dernières élections.
- travailler à l’élaboration d’outils de communication.
Toutes les citoyennes et tous les citoyens, les militantes et les militants qui entendent porter le projet d’un rassemblement des forces "anti-libérales", écologistes et de transformation sociale, qu’ils appartiennent ou non par ailleurs à des forces constituées, sont invité-es à participer, depuis les collectifs existants dans leurs localités, et le cas échéant dans leur département, ou à travers les collectifs qui se constitueront, à la préparation de ces Assises, dont les modalités plus précises de convocation et d’organisation seront arrêtées par la prochaine coordination, prévue à la fin du mois de septembre.
L’organisation de la dynamique des collectifs constituera un élément décisif des rassemblements à venir.
Il est donc convenu :
1) de tenir les Assises des collectifs unitaires à l’automne 2007.
2) de veiller à la relance de l’activité et au développement des collectifs locaux et des coordinations départementales.
3) de proposer aux partis, courants, forces organisées et autres partenaires de la gauche écologiste et de transformation sociale, ainsi qu’aux diverses composantes du mouvement social, la préparation et la tenue dans le courant de l’année 2008 d’États Généraux unitaires pour construire et porter un projet d’alternatives pour la transformation sociale et la préservation de la planète (actualité de l’anti-libéralisme, de l’anti-capitalisme, du féminisme, de l’anti-productivisme, de la lutte contre les discriminations, etc.).
Le secrétariat désigné par la coordination nationale est mandaté pour commencer à mettre en œuvre cette triple décision.
La coordination donne donc mandat au secrétariat qu’elle a désigné pour prendre contact avec les forces politiques de la gauche anti-libérale, les associations, les syndicats, les réseaux de mobilisation et autres acteur-trices, pour :
- leur présenter le projet des Assises.
- leur proposer de diffuser leurs contributions, qui seront intégrées à la préparation des Assises.
- les interroger sur la possibilité d’organiser dans l’unité des États Généraux de l’ensemble de la gauche écologiste, féministe et de transformation sociale.
Le secrétariat rendra compte de ce mandat lors de la coordination prévue en septembre.
 


2.Maintenant, à gauche !

La première rencontre-débat à l’initiative de « Maintenant à gauche » s’est tenue samedi 7 juillet. Malgré la date tardive et la succession des week-end de réunions à l’issue d’une année militante chargée, environ 150 personnes venues d’une trentaine de départements y ont participé. Des militants de diverses sensibilités politiques étaient présents : communistes unitaires (Catherine Tricot, Pierre Zarka, Roger Martelli), PRS (François Delapierre), Force Militante (Marc Dolez), Alternatifs (Jean Jacques Boislaroussie, Roland Mérieux), Alternative Citoyenne (Claire Villiers, François Labroille), MARS Gauche Républicaine (Eric Coquerel, Pierre Carassus, André Deluchat), courant UNIR de la LCR (Christian Picquet, Francis Sitel, Céline Malaisé, Alain Faradji), Cactus La Gauche (Jean Luc Gonneau), des personnalités (Clémentine Autain, Bernard Defaix, Claude Michel, Claude Debons…). Des responsables communistes, des personnalités diverses, nous ont fait part de leur intérêt pour la démarche engagée. Ce succès est le signe du besoin largement éprouvé de redresser très vite la tête après la lourde défaite que nous venons d’essuyer.
Les interventions ont fait apparaître un diagnostic largement partagé, une conscience commune des enjeux aujourd’hui et des exigences qui en découlent en matière de perspective et de stratégie (voir en annexe différents textes).
Nous voulons opposer au social-libéralisme et aux alliances au centre tel qu’on les voit se profiler du côté du PS une autre refondation à gauche, s’adressant à toute la gauche. L’objectif est celui d’une nouvelle grande force politique de transformation progressiste de la société ap